dimanche 22 novembre 2009

OMAR : Retoucheur Photo



Si Omar baigne dans le monde de la pub, de la photo et de la mode au travers de son métier de retoucheur photo, c’est la musique qui l’a définitivement ancré à New York. Séduit par l’offre pléthorique des disquaires new yorkais mais aussi par l’atmosphère éclectique et mixte de cette capitale culturelle, il a décidé d’y déposer ses valises il y a quelques années. Retour donc sur son boulot, sa passion de la musique et ses lieux new yorkais préférés.





Hello Omar, comment t’es-tu retrouvé à New York ?
A l’époque où j’étais retoucheur photo à Paris, je venais régulièrement passer des vacances ici. L’atmosphère de New York me plaisait et ce sont plusieurs amis, qui évoluaient dans les milieux de la photo, de la pub, de la mode qui m’ont incité à franchir le pas et à venir bosser ici.

Je crois que les disquaires New yorkais ont aussi joué un rôle important dans ta décision…
Oui, ça a été le déclic ! Je suis un passionné de disques et de musique et pour tâter l’ambiance d’une ville je commence souvent par faire un tour des disquaires ! J’étais fasciné par tout ce qu’on peut trouver ici : des raretés, beaucoup de disques introuvables en Europe et aux prix souvent beaucoup plus abordables. La scène musicale new yorkaise est extrêmement riche. Il y en a pour tous les goûts et ça bouge beaucoup plus que Paris.



Tu es aujourd’hui retoucheur photo en freelance, peux-tu nous en dire un peu plus ?
C'est de la retouche (beauté, chromie...) et manipulation de l’image (montage photo...) sur photo numérique, je travaille avec des studios de retouche ou directement avec les photographes ou D.A, souvent pour des campagnes ou sur des séries mode pour les magazines.

C’est un milieu qui a parfois mauvaise presse…
Oui, c’est un milieu qui peut être par moment un peu snob ou superficiel, qui est très commercial (normal pour ce genre de business) mais ce sont surtout des égos surdimensionnés qu'il faut gérer.



Qu’aurais-tu fait si tu n’avais pas été retoucheur ?
J’aime beaucoup écrire, je me serais bien vu journaliste ou scénariste ; quelque chose de plus proche de la réalité…

On dit souvent que les graphistes français sont reconnus pour la qualité de leur travail ?
Oui les européens en général…On a la réputation d’être rigoureux et créatif (dans le sens esthétique du terme). Ici c’est un peu barbare, un peu grossier, beaucoup plus flashy et plus direct. Pour résumer, on pourrait dire qu’en France, on fait du beau avec du détail tandis qu’ici on opte pour le pragmatisme et l’efficacité.

Etre français fut donc plutôt un avantage ou un inconvénient ?
Ça m’a aidé mais ce fut peut-être aussi un inconvénient. On a tendance à être perfectionniste, à aimer le travail bien fait alors que le milieu américain n’a pas de temps à perdre, il faut aller vite et droit au but.

Avec la crise, les publicitaires ont tranché dans leurs budgets, comment l’as-tu perçu personnellement ?
Ils réfléchissent effectivement à deux fois avant de lancer une campagne et retravaillent leurs budgets. Il y a beaucoup moins de prises de risques. Par contre, la crise a remis en cause les valeurs du capitalisme à outrance que les américains connaissaient depuis les années 60…ce qui n’est sûrement pas plus mal. On sent que les gens sont peut-être un peu plus solidaires, moins individualistes. Quoique pour d’autres, c'est le contraire, ils sont d’autant plus combatifs et ceci parfois à la limite du pathétique…

Qu’est-ce que NYC t’a apporté ?
Certainement une ouverture plus grande aux autres. Il y a une mixité et un mélange des cultures absolument incroyable ici ! J'ai aussi appris tout ce que je ne voulais pas dans ma vie. Vivre dans une ville étrangère donne l’opportunité de mieux se connaître si on en prend le temps. Mais il est aussi très facile de se perdre ici, j’ai rencontré tellement de gens hors de toute réalité…

Y a-t-il des choses qui t’ont particulièrement marqué ?
J’ai l’impression que l’art est moins snob, plus populaire et plus accessible à New York qu’à Paris. En France, cela reste très sacralisé alors qu’ici, il est partout, dans la rue, dans des lieux insolites… il y a un monde parallèle à celui des musées et des galeries.

Quel est ton quartier préféré à New York ?
J’aime bien me balader un peu partout. J’apprécie Williamsburg, quartier qui a beaucoup changé depuis mon arrivée et qui est depuis quelques années en pleine ébullition. Malheureusement, cela devient très « bobo » et les prix montent…Sinon, j’aime beaucoup le Greenwich Village avec ses petites rues, ses pavés. C’est un quartier très charmant qui a un certain côté européen.


Pont de Williamsburg

Quels sont tes clubs, bars et restaurants préférés ?
Pour les bars et clubs, j’aime beaucoup APT, NUBLUE, le Café Noir. En ce qui concerne les restaurants, j’adore Gobo et sa cuisine végétarienne bio aux influences japonaises, ils font vraiment de la grande cuisine (sur America 6ème Av. et la 8 ème rue). J’apprécie aussi beaucoup Stand, un Burger Place sur University, Klong : un Thaï sur St Marks place, le meilleur selon moi à New York et Angelica Kitchen au 300 E 12th St.

Tes disquaires ?
Other Music ! Ils ont un choix incroyable, dans tous les styles…

Ton photographe ?
Martin Parr car il possède une vision assez juste, ironique et distanciée sur la nature humaine.


(c) Martin Parr

Aurais-tu des recommandations pour des créatifs français qui souhaiteraient s’installer ici ?
Non, mais il a quelques questions qu'il est utile et nécessaire de se poser…Notamment, pour "quoi" précisément et pour combien de temps veut-on s’installer ici ? Jusqu'où est-on capable d'aller pour réussir et survivre à New York ? Et que cherche-t-on exactement en venant ici ?

Y a-t-il des choses qui te manquent ?
Le fromage, le pain et les croissants, surtout ceux du Grenier à Pain rue des Abbesses à Paris !

Envisages-tu le retour ?
Oui, j’envisage le retour depuis peu. Le 18ème parisien et les Abbesses ainsi que ma langue me manquent. J’ai passé suffisamment de temps à New York et aux US où j'ai eu les expériences que je voulais avoir ici. J’aimerais maintenant les exploiter ailleurs, en France dans un premier temps puis pourquoi pas à Sydney par la suite…

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©2009 Thibaut Estellon / The French Creative Connection
Photo top : Omar ©2009 Thibaut Estellon
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